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mercredi 8 mars 2017

FRANÇOIS GARDE, "Le sauvage blanc", ch. 6





QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (Pour mardi prochain) (10 points)


1. À l'heure de penser à la construction d'un engin flottant, à lequel des deux Robinson Narcisse se ressemble-t-il? (pp. 163-164)

2. Pourquoi Narcisse pleure-t-il après s'avoir donné du plaisir de sa main? (pp. 168-169) Quelle relation trouvez-vous avec la vie sexuelle de Robinson sur son île?

3. Dans quel nouveau contexte Narcisse fait-il pour l'énévième fois son affirmation d'identité? (p. 170)

4. Comment s'est transformée cette affirmation d'identité et comment Octave l'interprète-t-il? (p. 175)

5. Dans quel mesure Octave considère-t-il différente l'experience de Narcisse de celle des "modernes Robinsons" et d'autres marins naufragés? (pp. 178-180)




Imagen: photograme du documentaire "L'expédition du Kon-Tiki"

mercredi 15 février 2017

FRANÇOIS GARDE, "LE SAUVAGE BLANC", ch. 4


QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (pour mardi prochain) (10 points)

1. Quelle est la promesse que Narcisse se fait-il et que fait-il ensuite? (p. 110-111) Comment expliquer las actions de la vieille femme envers Narcisse (pp. 118-119)


2. À quelles conclusions arrive Octave lors de son travail pédagogique avec le Sauvage Blanc? (pp. 123-124)



3. Pourquoi Octave conclue-t-il que Narcisse "ne connaît pas la pudeur"? (pp. 127-128)



4. Le voyage de retour de Narcisse vers notre monde n'aura lieu qu'une fois et dans un seul sens". Expliquez cette affirmation en le mettant en rapport avec l'expérience de l'enfant-loup du film "L'enfant sauvage" de F. Truffaut (en voir l'extrait en bas) (pp. 129)



5. Pourquoi Narcisse se montre-t-il plus civilisé que Bill le bagnard? Dans quelle mesure cela reproduit le mythe du Bon Sauvage? (pp. 128-129)




dimanche 2 octobre 2016

"L'ÉVASION" DE ROBINSON (chapitre 2)



1. Après un an de résidence sur l'île, où Robinson s'est construit une demeure, a apprivoisé des animaux, cultivé du blé et commencé à construire un four à pain, conçoit le projet de se faire une pirogue pour quitter l'île.

 "Cela m’amena enfin à penser s’il ne serait pas possible de me construire, seul et sans outils, avec le tronc d’un grand arbre, une pirogue toute semblable à celles que font les naturels de ces climats. Je reconnus que c’était non-seulement faisable, mais aisé. Ce projet me souriait infiniment, avec l’idée surtout que j’avais en main plus de ressources pour l’exécuter qu’aucun Nègre ou Indien ; mais je ne considérais nullement les inconvénients particuliers qui me plaçaient au-dessous d’eux ; par exemple le manque d’aide pour mettre ma pirogue à la mer quand elle serait achevée, obstacle beaucoup plus difficile à surmonter pour moi que toutes les conséquences du manque d’outils ne pouvaient l’être pour les Indiens. Effectivement, que devait me servir d’avoir choisi un gros arbre dans les bois, d’avoir pu à grande peine le jeter bas, si après l’avoir façonné avec mes outils, si après lui avoir donné la forme extérieure d’un canot, l’avoir brûlé ou taillé en dedans pour le creuser, pour en faire une embarcation ; si après tout cela, dis-je, il me fallait l’abandonner dans l’endroit même où je l’aurais trouvé, incapable de le mettre à la mer.
Il est croyable que si j’eusse fait la moindre réflexion sur ma situation tandis que je construisais ma pirogue, j’aurais immédiatement songé au moyen de la lancer à l’eau ; mais j’étais si préoccupé de mon voyage, que je ne considérai pas une seule fois comment je la transporterais ; et vraiment elle était de nature à ce qu’il fût pour moi plus facile de lui faire franchir en mer quarante-cinq milles, que du lieu où elle était quarantecinq brasses pour la mettre à flot.

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Mais touts mes expédients pour l’amener jusqu’à l’eau avortèrent, bien qu’ils m’eussent aussi coûté un travail infini, et qu’elle ne fût éloignée de la mer que de cent verges tout au plus. Comme premier inconvénient, elle était sur une éminence à pic du côté de la baie. Nonobstant, pour aplanir cet obstacle, je résolus de creuser la surface du terrain en pente douce. Je me mis donc à l’œuvre. Que de sueurs cela me coûta ! Mais compte-t-on ses peines quand on a sa liberté en vue ? Cette besogne achevée et cette difficulté vaincue, une plus grande existait encore, car il ne m’était pas plus possible de remuer cette pirogue qu’il ne me l’avait été de remuer la chaloupe.
Alors je mesurai la longueur du terrain, et je me déterminai à ouvrir une darce ou canal pour amener la mer jusqu’à la pirogue, puisque je ne pouvais pas amener ma pirogue jusqu’à la mer. Soit ! Je me mis donc à la besogne ; et quand j’eus commencé et calculé la profondeur et la longueur qu’il fallait que je lui donnasse, et de quelle manière j’enlèverais les déblais, je reconnus que, n’ayant de ressources qu’en mes bras et en moimême, il me faudrait dix ou douze années pour en venir à bout ; car le rivage était si élevé, que l’extrémité supérieure de mon bassin aurait dû être profonde de vingt-deux pieds tout au moins. Enfin, quoique à regret, j’abandonnai donc aussi ce dessein.
J’en fus vraiment navré, et je compris alors, mais trop tard, quelle folie c’était d’entreprendre un ouvrage avant d’en avoir calculé les frais et d’avoir bien jugé si nos propres forces pourraient le mener à bonne fin."  

(D. Defoe, Robinson Crusoe)

2. Álvar Núñez Cabeza de Vaca était un Conquistador sui generis, dont la carrière fut marquée par l'échec et les naufrages. Officier dans l'expédition de Pánfilo de Narváez en 1527 en Florida, il en fut l'un des quatres survivants après deux ans de pénalités. Par la suite, il explora l'actuel Texas, l'ouest et le centre du Mexique en marchant durant près de six ans entre la région où se trouve actuellement la ville américaine de Galveston et celle de Mexico, en exercant de commerçant et de guérisseur parmi les Indiens. Dans son oeuvre Naufrages (1542) apporta les premières descriptions ethnographiques des habitants du Golfe du Mexique.
Les survivants du premier naufrage, décimés par la faim, la maladie et les flèches des Indiens, essaient d'échapper de la côte en se construisant des chaloupes avec des moyens de fortune.

 "Le tiers des hommes était malade , et nous étions
certains de le devenir tous : nous ne voyions
d'autre terme à nos maux que la mort qui
nous paraissait horrible dans un tel pays.
Tous ces inconvénients ayant été examinés, et
plusieurs remèdes proposés, nous nous arrêtâ
mes à un seul fort difficile il est vrai à exécu
cuter : c'était de construire des vaisseaux '
pour nous embarquer. Tout le monde regar
dait cela comme une chose impossible ; car
nous ignorions les règles de la construction :
nous n'avions ni outils, ni fer ni forges , ni
chanvre, ni bois, ni agrès; enfin aucun des
objets qui sont nécessaires, et personne ne
connaissait la manœuvre. Une autre diffi
culté , c'est que nous aurions manqué de vi
vres pendant que lion aurait travaillé[...]
 Nous commençâmes les con
structions avec un seul charpentier; mais nous
y mîmes tant d'ardeur , que du 4 août au 20
septembre, on en termina cinq de vingt-deux
coudées de longueur ; ils furent calfatés avec
des étoupes de palmistes; nous les goudro
nâmes avec de la poix extraite des pins par un
Grec, nommé Theodoro; nous fîmes des cordes
et des agrès avec les queues et la crinière des
chevaux. Nous emplovàmes nos chemises pour
des voiles; nous fîmes avec des sapins les ra
mes dont nous avions besoin. Ce pays où
nous avions été conduits pour nos péchés
était si misérable, que nous eûmes la plus
grande peine à trouver des pierres pour faire
le leste et les ancres de nos barques; dans
toute la contrée nous n'en avions aperçu
aucune [...]
 Quand nous fûmes em
barqués avec les vivres et nos effets , nos cha
loupes entraient tellement dans l'eau qu'il ne
restait dehors qu'un palme de bord. Outre
cet inconvénient , nous étions si serrés , que
nous ne pouvions nous remuer ; mais la né
cessité était si grande , que nous nous hasar
dâmes dans cet état sur une mer aussi ora
geuse , et sans que personne d'entre nous eût
la moindre connaissance de la navigation"


Questions:

1. Comparez les projets des deux Robinsons. Quelles différences trouvez-vous? Sont-elles indices de personalités diverses?
2. Comparez la situation des Robinsons avec celle de Núñez de Vaca et ses camarades, et leurs attitudes envers l'adversité.




source: Wikipedia.

dimanche 25 septembre 2016

PRÉFACE ET DÉBUT DU ROMAN DE VENDREDI (chapitre I)




1. Les raisons du voyage.

 "Ils me déclarèrent, après m’avoir recommandé la discrétion, qu’ils avaient le dessein d’équiper un vaisseau pour la côte de Guinée. – « Nous avons touts, comme vous, des plantations, ajoutèrent-ils, et nous n’avons rien tant besoin que d’esclaves ; mais comme nous ne pouvons pas entreprendre ce commerce, puisqu’on ne peut vendre publiquement les Nègres lorsqu’ils sont débarqués, nous ne désirons, faire qu’un seul voyage, pour en ramener secrètement et les répartir sur nos plantations. » En un mot, la question était que si je voulais aller à bord comme leur subrécargue, pour diriger la traite sur la côte de Guinée, j’aurais ma portion contingente de Nègres sans fournir ma quote-part d’argent.
C’eût été une belle proposition, il faut en convenir, si elle avait été faite à quelqu’un qui n’eût pas eu à gouverner un établissement et une plantation à soi appartenant, en beau chemin de devenir considérables et d’un excellent rapport ; mais pour moi, qui étais ainsi engagé et établi, qui n’avais qu’à poursuivre, comme j’avais commencé, pendant trois ou quatre ans encore, et qu’à faire venir d’Angleterre mes autres cent livres sterling restant, pour être alors, avec cette petite addition, à peu près possesseur de trois ou quatre mille livres, qui accroîtraient encore chaque jour ; mais pour moi, dis-je, penser à un pareil voyage, c’était la plus absurde chose dont un homme placé en de semblables circonstances pouvait se rendre coupable.

Mais comme j’étais né pour être mon propre destructeur, il me fut aussi impossible de résister à cette offre, qu’il me l’avait été de maîtriser mes premières idées vagabondes lorsque les bons conseils de mon père échouèrent contre moi. En un mot, je leur dis que j’irais de tout mon cœur s’ils voulaient se charger de conduire ma plantation durant mon absence, et en disposer ainsi que je l’ordonnerais si je venais à faire naufrage."

(D. Defoe, Robinson Crusoe)

1.1. Comparez les raisons du voyage du Robinson de Defoe avec celles de celui de Tournier, exprimées au préface.
1.2. D'un point de vu moral comment jugeriez-vous les motivations du premier Robinson?




2. Premiers jours sur l'île et expéditions dans l'épave.

 Quelques jours plus tard, après mes voyages au bâtiment, et après que j’en eus tout retiré, je ne pouvais encore m’empêcher de gravir sur le sommet d’une petite montagne, et là de regarder en mer, dans l’espérance d’y appercevoir un navire. Alors j’imaginais voir poindre une voile dans le lointain. Je me complaisais dans cet espoir ; mais après avoir regardé fixement jusqu’à en être presque aveuglé, mais après cette vision évanouie, je m’asseyais et je pleurais comme un enfant. Ainsi j’accroissais mes misères par ma folie.

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JOURNAL

30 SEPTEMBRE 1659

"Moi, pauvre misérable ROBINSON CRUSOÉ, après avoir fait naufrage au large durant une horrible tempête, tout l’équipage étant noyé, moi-même étant à demi-mort, j’abordai à cette île infortunée, que je nommai l’ÎLE DU DÉSESPOIR.
Je passai tout le reste du jour à m’affliger de l’état affreux où j’étais réduit : sans nourriture, sans demeure, sans vêtements, sans armes, sans lieu de refuge, sans aucune espèce de secours, je ne voyais rien devant moi que la mort, soit que je dusse être dévoré par les bêtes ou tué par les Sauvages, ou que je dusse périr de faim. À la brune je montai sur un arbre, de peur des animaux féroces, et je dormis profondément, quoiqu’il plût toute la nuit."

(D. DEFOE, Robinson Crusoe)

1. Retrouvez et citez les phrases du chapitre I du roman de Tournier où l'on qualifie l'île d'une façon pareille et l'on explicite la tentation de la folie.
2. Cherchez sur le net des informations sur le Selkirk nommé dans l'image et expliquez son rapport avec le mythe de Robinson.





Image: Archipel de Juan Fernández, appartenant au Chili.




jeudi 15 septembre 2016

PROGRAMME DE LECTURES




1er TRIMESTRE:

M. TOURNIER, Vendredi ou les limbes du Pacifique. Séquence: "Le bon sauvage".

2e TRIMESTRE:

F. GARDE, Ce qu'il advint du sauvage blanc. Séquence: "Le voyage comme connaisance d'autrui".

3e TRIMESTRE:

VOLTAIRE, Candide. Séquence: "Le voyageur et son destin".


NOTA BENE: À chaque trimestre on travaillera sur un groupement de textes intégrant une séquence, dont des auteurs comme Rousseau, Montaigne, Defoe, Claude Lévi-Strauss, Marco Polo, Colomb, Díaz del Castillo, Núñez Cabeza de Vaca, Léry, Bougainville, Didérot, Voltaire, Potocki, Céline, Cendrars, Supervielle, Gide...