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mercredi 8 mars 2017

FRANÇOIS GARDE, "Le sauvage blanc", ch. 6





QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (Pour mardi prochain) (10 points)


1. À l'heure de penser à la construction d'un engin flottant, à lequel des deux Robinson Narcisse se ressemble-t-il? (pp. 163-164)

2. Pourquoi Narcisse pleure-t-il après s'avoir donné du plaisir de sa main? (pp. 168-169) Quelle relation trouvez-vous avec la vie sexuelle de Robinson sur son île?

3. Dans quel nouveau contexte Narcisse fait-il pour l'énévième fois son affirmation d'identité? (p. 170)

4. Comment s'est transformée cette affirmation d'identité et comment Octave l'interprète-t-il? (p. 175)

5. Dans quel mesure Octave considère-t-il différente l'experience de Narcisse de celle des "modernes Robinsons" et d'autres marins naufragés? (pp. 178-180)




Imagen: photograme du documentaire "L'expédition du Kon-Tiki"

mardi 7 février 2017

FRANÇOIS GARDE, "LE SAUVAGE BLANC", ch.3





QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (pour mardi prochain) (10 points)


1. Comment Narcisse s'adresse-t-il aux sauvages et quelle est leur réaction? (pp. 82-83)

2. Pourquoi pensez-vous que les sauvages immobilisent Narcisse, le dénudent de force, et lui arrachent le lobe de l'oreille où il portait un anneau de laiton doré? (pp. 88-91) Mettez cet acte en rapport avec le concept d'acculturation.

3. Quelle est pour Narcisse la valeur de cet anneau? (pp. 91-92)

4. Narcisse accepte-t-il de se retrouver nu parmi les sauvages? pourquoi? (pp. 92-93)

5. Quelle est la réaction du Sauvage Blanc quand il rencontre les matelots du John Bell? (pp. 98-100)




Image: Irving Penn

vendredi 3 février 2017

L'ÉCRIVAIN COMME BOURLINGUER: BLAISE CENDRARS




Qu'est-ce que vous apprenez à propos des suivants aspects de la vie de Blaise Cendrars? (10 points)

1. Sa biographie et voyages

2. Son oeuvre.

3. Ses amours.

4. Sa famille.

5. Ses rapports avec d'autres artistes.

lundi 30 janvier 2017

FRANÇOIS GARDE, "LE SAUVAGE BLANC", ch. 2






QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (pour le lundi 6 février) (10 points)


1. Comment Narcisse demande-t-il à la vieille femme de lui donner à manger? (pp. 55-56)

2. Que pense-t-il des sauvages qui se cachent de lui? (p. 62-63)

3. De quoi a-t-il peur? (pp. 64-65)

4. Comment Octave organise-t-il ses leçons de français et quels en sont les résultats? (pp. 76-78)

5. Pourquoi Octave considére-t-il important d'obtenir de l'information sur d'autres naufragés ? (pp. 79-80)



Image: Vieille femme aborigène d'Australie, via.

dimanche 22 janvier 2017

FRANÇOIS GARDE, "LE SAUVAGE BLANC", chapitre 1




QUESTIONS DE COMPRÉHENSION: (à faire sur le cahier pour le 30 janvier) (10 points)


1. Comment Narcise pense-t-il avoir recouvré un peu de dignité deux jours après son abandon sur l'île? (p. 27) (1 point)

2. Pourquoi s'abandonne-t-il à l'idée de mourir? (pp. 30-31) (1 p.)

3. Pourquoi Octave de Vallombrun considére-t-il que "voyager est un métier, non un loisir"? (pp. 32-33) (2 p.)

4. Pourquoi Octave est-il déçu comme voyageur et explorateur? (pp. 35-36) (2 p.)

5. Pourquoi se méfie-t-il de l'histoire du Sauvage Blanc? (p. 38) (1 p.)

6. Comment Octave reconnait-t-il le Sauvage comme Français? (pp. 44-48) (2 p.)

7. Par quelles raisons Octave accepte-t-il de ramener le Sauvage en France? (pp. 50-51) (2 p.)

dimanche 15 janvier 2017

VOYAGES ET ACCULTURATION





Image: Greg Semu, "The last cannibal supper cause tomorrow we become christians"


DÉFINITION:

En sociologie, l'acculturation désigne la transformation de cultures différentes qui sont en contact permanent. Les processus en jeu dans ces rencontres sont principalement : le décalage culturel, la résistance et l'intégration. Ce concept fait l'objet de recherches en anthropologie, en histoire, en sociologie, et en psychologie.
Sa définition classique est celle proposée par Redfield, Herskovits et Linton, adoptée lors du mémorandum du Social Science Research Concil de 1936, comme : l'ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact continu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes et qui entraînent des changements dans les modèles culturels originaux de l’un ou des autres groupes 1.
À partir de la fin du xixe siècle, des mouvements de population importants ont entraîné des mutations de nos sociétés tant au niveau économique et social que politique. Les chercheurs en sciences humaines et sociales s’intéressent aux problématiques portant sur les contacts interculturels et plus particulièrement à leurs effets sur les groupes et les individus1, en privilégiant les difficultés d’adaptation et d’intégration des migrants.
Dans les années 1980, plusieurs chercheurs français (Mbodj, Vasquez ou encore Clanet) soulignent les limites de ce concept. Dans le champ de la psychologie en particulier, Clanet insiste sur la nécessité de repenser la question de la rencontre interculturelle, plus particulièrement celle du changement psychoculturel en tenant compte de son caractère complexe, ambivalent et paradoxal. Ainsi, il est à l’origine, avec d'autres chercheurs en psychologie interculturelle, d’un nouveau concept, celui « d’interculturation »
Selon les chercheurs Redfield, Linton et Herskovits, l’acculturation renvoie à "l’ensemble des phénomènes résultant d’un contact continu et direct entre groupes d’individus appartenant à différentes cultures et aboutissant à des transformations qui affectent les modèles culturels originaux de l’un ou des deux groupes". Bien qu’en principe les changements soient mutuels, il existe généralement un groupe qui domine, autrement dit le groupe dominant, qui jouit d’une influence culturelle plus forte que l’autre groupe ; le groupe dominé, souvent composé de migrants et de leurs descendants4.
L’individu dans une situation d’acculturation utilise plusieurs stratégies pour s’adapter à la nouvelle société. Ces stratégies comprennent : les attitudes d’acculturation, relatives au positionnement de l’individu entre les deux cultures en contact, le niveau comportemental, qui concerne les changements de comportements individuels et de conduites sociales dans la nouvelle société (Sabatier et Berry). Certaines situations d’acculturation sont sources de difficultés et induisent le stress d’acculturation (Berry, Sabotier, Sam)4.
Le choix des stratégies d’acculturation se fait d’abord en fonction du positionnement de l’individu entre sa culture d’origine et celle de la société d’accueil. Selon Berry, le niveau attitudinal détermine le niveau comportemental et le stress d’acculturation. L’individu se positionne entre les cultures en contact selon deux dimensions : la première concerne la volonté d’avoir des contacts et des participations avec la société d’accueil et d’adopter ses valeurs. La deuxième est liée au maintien de la culture d'origine, de l’identité culturelle et de ses coutumes au sein de la société d’accueil. Ces dimensions peuvent être formulées en deux questions que se pose généralement un individu d’origine immigrée ou faisant partie d’une minorité culturelle
  1. Faut‐il maintenir sa culture et son identité d’origine?
  2. Faut‐il avoir des contacts avec les membres de la société d’accueil et participer à la vie sociale de cette société?
Le croisement des réponses " oui" ou "non" à ces questions permet de classer le choix de l’individu en quatre stratégies d’acculturation.
Avec l’assimilation, l’individu abandonne son identité et sa culture d’origine et cherche à établir des relations avec la société d’accueil. Il adopte alors la culture de la société d’accueil au détriment de sa culture d’origine. Cela peut conduire à l’absorption du groupe d’acculturation par le groupe dominant. (Sabatier et Berry)Dans l’intégration, l’individu veut à la fois maintenir sa culture et son identité d’origine et avoir des contacts avec la société d’accueil. Il participe ainsi à la vie sociale dans la société d’accueil tout en conservant sa culture d’origine. Dans ce cas, il existe plusieurs groupes ethniques distincts, coopérant tous au sein du système social général; le modèle multiculturel canadien en est un exemple (Guimond). L’individu peut alors mélanger les valeurs de sa culture d’origine et celles de la culture de la société d’accueil4.  
Par la séparation, l’individu cherche à conserver son identité et sa culture d’origine, tout en évitant volontairement des interactions ou des relations avec la société d’accueil. Si cette absence de relation avec la société d’accueil est imposée par cette société elle‐même, on parlera davantage de "ségrégation". Comme Berry et Sabatier le font remarquer, c’est l’origine du choix (libre ou imposé) qui détermine ici la stratégie (séparation ou ségrégation).
Enfin, la marginalisation conduit l’individu à perdre son identité culturelle sans pouvoir établir des interactions ou des relations avec la société d’accueil. Plusieurs chercheurs parlent dans ce cas d’identité aliénée (Sabatier et Berry). Cette situation est difficile à cerner et s’accompagne de confusion identitaire collective et individuelle, voire d’angoisse. Elle relève plutôt de situations pathologiques et pourrait être le résultat de discrimination et d’exclusion à l’égard de l’individu migrant (Berry)4.  

L’acculturation en géographie 

En géographie, il y a un lien évident entre le concept d’acculturation et le phénomène de la migration. En effet, le déplacement d’un individu ou d’un groupe d’individus engendre souvent un processus d’acculturation dans le pays d’accueil.
L'acculturation peut très bien être expliquée dans un contexte de migration humaine. La migration désigne « le déplacement volontaire ou non d'individus ou de populations d'un pays dans un autre ou d'une région dans une autre, pour des raisons économiques, politiques ou culturelles. » Cette dernière a évolué avec le temps et a créé plusieurs typologies : la migration économique ou politique, la migration de contrainte ou volontaire. Peu importe les raisons de la migration, un processus d'acculturation de l'individu ou du groupe d'individus dans la société d'accueil se crée et varie dans la durée et dans la forme selon différents facteurs.
Selon Selim Abou5 qui s'est intéressé au phénomène, le premier facteur qui impacte l'acculturation, est d’ordre social. Celui-ci s'intéresse au cercle de connaissances du migrant qui impacte la durée d'acculturation. Selon si le migrant est entouré, il s'acculture beaucoup plus rapidement qu'un migrant qui vient seul et qui n'a pas de connaissances ou de réseau de connaissances dans la société d'accueil.
Le deuxième facteur s'intéresse à la dimension spatiale. En effet, les distances géographiques entre le pays de départ et le pays d'arrivée peut avoir un impact sur la durée et la complexité de l'acculturation. Par exemple, un migrant venant d'un pays européen s'acculture plus rapidement qu'un migrant venant d'un autre continent ou d'un pays ayant une culture très différente du pays d'accueil. D'ailleurs, les migrants plus proches géographiquement sont perçus par la société d'accueil comme des étrangers "prochain" contrairement aux autres migrants éloignés géographiquement qui sont perçus comme des étrangers "lointains". L'acculturation pour ces derniers est donc plus longue et complexe et demande un effort plus conséquent.

Enjeux

Sous l'influence du courant culturaliste, la culture a été (notamment pendant et au début du xixe siècle) perçue comme une entité bien distincte des autres, bien délimitée par des "frontières". Dès lors, tout contact d'une culture avec une autre risque d'en altérer la pureté. Dans ce cas, le processus d'acculturation est perçu comme une atteinte à la culture authentique.
En fait, les cultures se construisent au contact des autres et ne sont pas imperméables, isolées par des frontières bien étanches. Il n'y a donc pas de cultures pures et d'autres métissées. Toutes le sont plus ou moins à des degrés divers. L'acculturation est donc un phénomène permanent, continu et non pas occasionnel. C'est même un phénomène universel et constitutif des cultures.
Les cultures dépendent des rapports sociaux qu'entretiennent les hommes entre eux. Or ceux-ci sont souvent des rapports de force. Les différentes cultures vont donc se trouver les unes par rapport aux autres en position de force ou de faiblesse. Mais les groupes socialement les plus forts n'arrivent pas toujours à s'imposer aux groupes les plus faibles. Les cultures sont donc des ensembles en construction permanente, avec des phénomènes de structuration, déstructuration. Il n'y a pas forcément une culture donneuse et une autre receveuse. L'acculturation n'est jamais à sens unique.
Dans ce contexte, comment les populations migrantes peuvent-elles s'intégrer ? Peuvent-elles garder leurs cultures d'origine ? En fait c'est impossible, toute culture transplantée ne peut rester identique à elle-même. Les populations immigrées inventent de nouveaux modèles culturels (comme les Noirs aux États-Unis). Il y a souvent dans un premier temps méfiance ou opposition face à la culture du pays d'accueil, puis adoption d'éléments de cette culture ou au contraire parfois rejet (on parle alors de contre acculturation) pour réaffirmer certains traits de la culture d'origine. Souvent le processus est complexe, fait à la fois de mélanges, réinterprétations, assimilations, etc. On parle alors de syncrétisme qui est le métissage de traits culturels.

Formes d'acculturation

Roger Bastide, sociologue français, distingue plusieurs types d'acculturation :
  • une acculturation spontanée quand les cultures sont en contact libre;
  • une acculturation forcée, organisée, imposée par un groupe comme lors de la colonisation ou de l'esclavage par exemple;
  • une acculturation planifiée, contrôlée, dans le but de construire à long terme une culture prolétarienne par exemple dans les ex-pays socialistes ou une culture nationale.
Mais le sociologue français Bastide n'est pas le seul à s'être intéressé aux différentes formes d'acculturation. Jean Melville Herskovits a également identifié d'autres formes d'acculturation6 :
  • Acculturation à travers l’acceptation de la culture proposée ou imposée : il n’est pas question d’adaptation du plus fort au plus faible mais d’une tolérance sélective qui opère un choix parmi les modèles culturels donnés par la culture dominante
  • Acculturation à travers l’isolement défensif : esquive par certains groupes de rencontrer la société d’accueil qui la ressente comme pouvant être une menace pour leur identité ethnique ou repli sur eux-mêmes sans même chercher le contact avec l’autre.
  • Acculturation à travers la résistance : le contact engendre un violent mouvement d’antagonisme aux valeurs étrangères. Par exemple : la guerre de Boxers en Chine au début du xxe siècle.
  • Ethnocide : Destruction totale d’une culture, qui ne passe donc pas par le processus d’acculturation. Synonyme : déculturation.
  • Métissage, miscégénation, tropicalisme et transculturalité : processus de réciprocité et d’échanges entre cultures en contact. Ces divers termes renvoient à une approche intellectuelle des contacts entre groupes humains, qui s’est développée dans le contexte du colonialisme, de la stigmatisation et de l’exclusion.

Source: Wikipédia, s.u. "acculturation"

dimanche 2 octobre 2016

LES ROBINSONS DE JULES VERNE


« Deux ans de vacances » - Préface
Bien des Robinsons ont déjà tenu en éveil la curiosité de nos jeunes lecteurs. Daniel de Foë, dans son immortel Robinson Crusoé, a mis en scène l’homme seul ; Wyss, dans son Robinson suisse, la famille ; Cooper, dans Le Cratère, la société avec ses éléments multiples. Dans L’Île mystérieuse, j’ai mis des savants aux prises avec les nécessités de cette situation. On a imaginé encore le Robinson de douze ans, le Robinson des glaces, le Robinson des jeunes filles, etc. Malgré le nombre infini des romans qui composent le cycle des Robinsons, il m’a paru que, pour le parfaire, il restait à montrer une troupe d’enfants de huit à treize ans, abandonnés dans une île, luttant pour la vie au milieu des passions entretenues par les différences de nationalité, – en un mot, un pensionnat de Robinsons.
D’autre part, dans le Capitaine de quinze ans, j’avais entrepris de montrer ce que peuvent la bravoure et l’intelligence d’un enfant aux prises avec les périls et les difficultés d’une responsabilité au-dessus de son âge. Or, j’ai pensé que si l’enseignement contenu dans ce livre pouvait être profitable à tous, il devait être complété.
C’est dans ce double but qu’a été fait ce nouvel ouvrage.
Jules VERNE.
« Seconde patrie » - préface

Pourquoi j’ai écrit seconde patrie
Les Robinsons ont été les livres de mon enfance, et j’en ai gardé un impérissable souvenir. Les fréquentes lectures que j’en ai faites n’ont pu que l’affermir dans mon esprit. Et même je n’ai jamais retrouvé plus tard, dans d’autres lectures modernes, l’impression de mon premier âge. Que mon goût pour ce genre d’aventures m’ait instinctivement engagé sur la voie que je devais suivre un jour, cela n’est point douteux. C’est ce qui m’a porté à écrire l’École des Robinsons, l’Ile mystérieuse, Deux Ans de vacances, dont les héros sont proches parents des héros de de Foë et de Wyss. Aussi personne ne sera-t-il surpris que je me sois voué tout entier à cette œuvre des Voyages Extraordinaires.
Les titres des ouvrages que je lisais avec tant d’avidité me reviennent à la mémoire: c’étaient le Robinson de douze ans, de Mme Mollar de Beaulieu, le Robinson des sables du désert, de Mme de Mirval. C’étaient aussi dans le même ordre d’idées les Aventures de Robert Robert de Louis Desnoyers que publiait le Journal des Enfants avec tant d’autres histoires que je ne saurais oublier. Puis vint le Robinson Crusoë, ce chef-d’œuvre qui n’est pourtant qu’un épisode dans le long et fastidieux récit de Daniel de Foë. Enfin, le Cratère de Fenimore Cooper ne put qu’accroître ma passion pour ces héros des îles inconnues de l’Atlantique ou du Pacifique.
Mais la géniale imagination de Daniel de Foë n’avait créé que l’homme seul abandonné sur une terre déserte, capable de se suffire grâce à son intelligence, son ingéniosité, son savoir, grâce également à sa confiance en Dieu si persistante, et qui lui inspirait parfois quelque magnifique invocation.
Or, après l’être humain isolé dans ces conditions, est-ce qu’il n’y avait pas la famille à faire, la famille jetée sur une côte après naufrage, la famille étroitement unie, la famille ne désespérant pas de la Providence? Oui, et telle a été l’œuvre de Wyss, non moins durable que celle de Daniel de Foë.
Rudolph Wyss, né à Berne en 1781, mort en 1850, était professeur à l’Université. On a de lui plusieurs ouvrages sur son pays d’origine, indépendamment du Robinson Suisse, qui fut publié en 1812 à Zurich.
Dès l’année suivante, il en parut une première traduction française. Elle était due à Mme Isabelle de Bottens, baronne de Montolieu, née à Lausanne en 1751, morte à Bussigny en 1832, qui avait fait ses débuts dans la littérature avec le roman en deux volumes intitulé Caroline de Lichsfield (1781).
Peut-être y a-t-il des raisons de croire que Rudolph Wyss ne fut pas seul l’auteur du célèbre roman, lequel aurait été fait en collaboration avec son fils. C’est à tous deux, en effet, que Mme de Montolieu dédia la suite de ce roman, parue en 1824 à Paris sous ce titre: le Robinson Suisse ou Journal d’un père de famille naufragé avec ses enfants.
Ainsi donc, la traductrice avait eu l’idée de continuer l’ouvrage qu’elle avait traduit et j’ai été devancé par elle et bien probablement par d’autres, et je ne puis m’étonner que la pensée de le faire soit venue à plusieurs.
En effet, ce roman n’est pas terminé avec l’arrivée de la corvette la Licorne, et voici ce que disait déjà Mme de Montolieu dans la préface de sa traduction:
«Quatre éditions consécutives ont prouvé combien le public français a su apprécier cette production qui fait le bonheur des enfants et par conséquent de leurs parents. Mais il leur manquait une suite et une fin. Tous voulaient savoir si cette famille qui les intéressait restait dans cette île où tous les jeunes garçons désiraient aller. J’ai reçu à ce sujet une infinité de lettres, soit des enfants eux-mêmes, soit de mon libraire pour me solliciter de donner cette suite et de satisfaire leur curiosité.»
Il convient de noter que d’autres traductions de l’ouvrage de Rudolph Wyss furent faites après celle de Mme de Montolieu, entre autres celle de Pierre Blanchard en 1837. Il en résulte donc que si Mme de Montolieu n’a pas été seule à traduire le Robinson Suisse, elle n’aura pas été seule à en donner la suite, puisque j’ai tâché de le faire, sous le titre de Seconde Patrie.
Au surplus, en 1864, la maison Hetzel a publié une traduction nouvelle de cette histoire due au concours de P.-J. Stahl et E. Muller qui la revirent et lui donnèrent une allure plus moderne de composition et de style. A proprement parler, c’est même à cette édition, revue aussi au point de vue de la science, que succède la Seconde Patrie, offerte aux lecteurs du Magasin d’Éducation et de Récréation.
Et en réalité n‘était-il pas intéressant de prolonger le récit de Rudolph Wyss, de retrouver cette famille dans les conditions nouvelles qui lui étaient faites, et ces quatre garçons si bien posés, Fritz entreprenant et brave, Ernest un peu égoïste mais studieux, Jack l’espiègle et le petit François, d’observer les modifications que l’âge apporterait à leur caractère, après douze ans passés sur cette île?… Après la découverte de la Roche-Fumante, est-ce que l’introduction de Jenny Montrose dans ce petit monde ne devait pas en modifier l’existence?… Est-ce que l’arrivée de M. Wolston et des siens à bord de la Licorne, leur installation sur l’île n’imposaient pas une suite à cette histoire?… Est-ce qu’il n’y avait pas à la parcourir tout entière, cette île fortunée dont on ne connaissait que la partie septentrionale?… Est-ce que le départ de Fritz, de François et de Jenny Montrose pour l’Europe ne rendait pas indispensable la narration de leurs aventures jusqu’au retour dans la Nouvelle-Suisse?…
Aussi n’ai-je pas résisté au désir de continuer l’enivre de Wyss, de lui donner le dénouement définitif, qui, d’ailleurs, serait imaginé un jour ou l’autre.
Et alors, à force d’y songer, à force de m’enfoncer dans mon projet, de vivre côte à côte avec mes héros, il s’est produit un phénomène: c’est que j’en suis venu à croire qu’elle existe réellement, cette Nouvelle-Suisse, que c’est bien une île située dans le nord-est de l’océan Indien, dont j’ai fini par voir le gisement sur ma carte, que les familles Zermatt et Wolston ne sont point imaginaires, qu’elles habitent cette très prospère colonie, dont elles ont fait leur «seconde patrie»!… Et je n’ai qu’un regret, c’est que l’âge m’interdise de les y rejoindre!…
Enfin, voilà pourquoi j’ai cru qu’il fallait continuer leur histoire jusqu’au bout, voilà pourquoi j’ai fait la suite du Robinson Suisse.

Jules Verne

Cherchez et donnez les titres et les auteurs des oeuvres cités par Verne.

Source: http://robinsons.over-blog.com/page/3



dimanche 18 septembre 2016

MICHEL TOURNIER PRÉSENTE "VENDREDI OU LES LIMBES DU PACIFIQUE"


Activités:

1. Quelles sont les caractéristiques du roman de Tournier par égard pour l'original de Defoe? (2 points)

2. Quels sont les traits moraux et idéologiques du Robinson créé par Defoe? (2 points)

3. Faites un résumé du contenu du roman raconté par son propre auteur. (6 points)



jeudi 15 septembre 2016

PROGRAMME DE LECTURES




1er TRIMESTRE:

M. TOURNIER, Vendredi ou les limbes du Pacifique. Séquence: "Le bon sauvage".

2e TRIMESTRE:

F. GARDE, Ce qu'il advint du sauvage blanc. Séquence: "Le voyage comme connaisance d'autrui".

3e TRIMESTRE:

VOLTAIRE, Candide. Séquence: "Le voyageur et son destin".


NOTA BENE: À chaque trimestre on travaillera sur un groupement de textes intégrant une séquence, dont des auteurs comme Rousseau, Montaigne, Defoe, Claude Lévi-Strauss, Marco Polo, Colomb, Díaz del Castillo, Núñez Cabeza de Vaca, Léry, Bougainville, Didérot, Voltaire, Potocki, Céline, Cendrars, Supervielle, Gide...

INTRODUCTION À TOURNIER: INTERVIEW A ARLETTE BOULOUMIÉ

1e partie: 0'00''-3'50''


1. Quels sont les voyages décrits dans les livres de Tournier?

2. Quels sont les voyagés réalisés par Tournier lui-même?

3. À quelle volonté correspondent ces voyages? À quoi Tournier se compare-t-il?

4. Quels sont les approches présentes dans l'oeuvre de Tournier et exprimées par Mme Bouloumié?

5. D'où provient le titre de son livre?


2e partie: 5'47''-7'00''

6. Quelle image les lecteurs ont-ils de Tournier? Celle-ci correspond à la réalité? Pourquoi?


3e partie: 9'40"-13'10"


7. À quels types de situations sont confrontés les personnages de Tournier?

8. Quel est le parti de Tournier par rapport à l'histoire et à la géographie?

9. Quels exemples de paysages des oeuvres de Tournier sont donnés?

10. Quel sentiment Tournier en tire-t-il?