mardi 15 novembre 2016
lundi 14 novembre 2016
CHAPITRE HUIT: L'AUTRE VENDREDI
QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (pour mardi 22 novembre)
1. Quelles sont les activités menées par Vendredi contre l'île administrée? (4 points)
2. Pourquoi Robinson soupçonne-t-il à propos des mandragores zébrées? (2 p.)
3. Quelles sont les ères de l'île exprimées par Robinson? (1 p.)
4. Quel est le fait qui met point final à l'ère de "l'île épouse"? Expliquez (2 p.)
5. Quel est "l'événement décisif, bouleversant, un commencement radicalement nouveau qui frappera de nullité toute entreprise passée ou future"? (1p.)
mardi 8 novembre 2016
CHAPITRE SEPT: VENDREDI
QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (à repondre sur le cahier pour le mardi 15 novembre)
1. Comparez les différentes réactions des deux Robinson lors de la rencontre de Vendredi. Quel en est votre avis? (3 points)
"Tandis que je regardais ainsi, j’apperçus par ma longue-vue deux
misérables qu’on tirait des pirogues, où sans doute ils avaient
été mis en réserve, et qu’alors on faisait sortir pour être
massacrés. J’en vis aussitôt tomber un assommé, je pense, avec
un casse-tête ou un sabre de bois, selon l’usage de ces nations.
Deux ou trois de ces meurtriers se mirent incontinent à l’œuvre
et le dépecèrent pour leur cuisine, pendant que l’autre victime
demeurait là en attendant qu’ils fussent prêts pour elle. En ce
moment même la nature inspira à ce pauvre malheureux, qui se voyait
un peu en liberté, quelque espoir de sauver sa vie ; il s’élança,
et se prit à courir avec une incroyable vitesse, le long des sables,
droit vers moi, j’entends vers la partie de la côte où était mon
habitation.
Je fus horriblement effrayé, – il faut que je l’avoue, – quand
je le vis enfiler ce chemin, surtout quand je m’imaginai le voir
poursuivi par toute la troupe. Je crus alors qu’une partie de mon
rêve allait se vérifier, et qu’à coup sûr il se réfugierait
dans mon bocage ; mais je ne comptais pas du tout que le dénouement
serait le même, c’est-à-dire que les autres Sauvages ne l’y
pourchasseraient pas et ne l’y trouveraient point. Je demeurai
toutefois à mon poste, et bientôt je recouvrai quelque peu mes
esprits lorsque je reconnus qu’ils n’étaient que trois hommes à
sa poursuite. Je retrouvai surtout du courage en voyant qu’il les
surpassait excessivement à la course et gagnait du terrain sur eux,
de manière que s’il pouvait aller de ce train une demi-heure
encore il était indubitable qu’il leur échapperait.
[...]
Mon esprit conçut alors avec feu, et
irrésistiblement, que l’heure était venue de m’acquérir un
serviteur, peut-être un camarade ou un ami, et que j’étais
manifestement appelé par la Providence à sauver la vie de cette
pauvre créature. Aussitôt je descendis en toute hâte par mes
échelles, je pris deux fusils que j’y avais laissés au pied,
comme je l’ai dit tantôt, et, remontant avec la même
précipitation, je m’avançai vers la mer. Ayant coupé par le plus
court au bas de la montagne, je me précipitai entre les poursuivants
et le poursuivi, et j’appelai le fuyard. Il se retourna et fut
peut-être d’abord tout aussi effrayé de moi que moi je l’étais
d’eux ; mais je lui fis signe de la main de revenir, et en même
temps je m’avançai lentement vers les deux qui accouraient.
Tout-à-coup je me précipitai sur le premier, et je l’assommai
avec la crosse de mon fusil. Je ne me souciais pas de faire feu, de
peur que l’explosion ne fût entendue des autres, quoique à cette
distance cela ne se pût guère ; d’ailleurs, comme ils n’auraient
pu appercevoir la fumée, ils n’auraient pu aisément savoir d’où
cela provenait. Ayant donc assommé celui-ci, l’autre qui le
suivait s’arrêta comme s’il eût été effrayé. J’allai à
grands pas vers lui ; mais quand je m’en fus approché, je le vis
armé d’un arc, et prêt à décocher une flèche contre moi. Placé
ainsi dans la nécessité de tirer le premier, je le fis et je le
tuai du coup. Le pauvre Sauvage échappé avait fait halte ; mais,
bien qu’il vît ses deux ennemis mordre la poussière, il était
pourtant si épouvanté du feu et du bruit de mon arme, qu’il
demeura pétrifié, n’osant aller ni en avant ni en arrière. Il me
parut cependant plutôt disposé à s’enfuir encore qu’à
s’approcher. Je l’appelai de nouveau et lui fis signe de venir,
ce qu’il comprit facilement. Il fit alors quelques pas et s’arrêta,
puis s’avança un peu plus et s’arrêta encore ; et je m’apperçus
qu’il tremblait comme s’il eût été fait prisonnier et sur le
point d’être tué comme ses deux ennemis. Je lui fis signe encore
de venir à moi, et je lui donnai toutes les marques d’encouragement
que je pus imaginer. De plus près en plus près il se risqua,
s’agenouillant à chaque dix ou douze pas pour me témoigner sa
reconnaissance de lui avoir sauvé la vie. Je lui souriais, je le
regardais aimablement et l’invitais toujours à s’avancer. Enfin
il s’approcha de moi ; puis, s’agenouillant encore, baisa la
terre, mit sa tête sur la terre, pris mon pied et mit mon pied sur
sa tête : ce fut, il me semble, un serment juré d’être à jamais
mon esclave. Je le relevai, je lui fis des caresses, et le rassurai
par tout ce que je pus. Mais la besogne n’était pas, achevée ;
car je m’apperçus alors que le Sauvage que j’avais assommé
n’était pas tué, mais seulement étourdi, et qu’il commençait
à se remettre. Je le montrai du doigt à mon Sauvage, en lui faisant
remarquer qu’il n’était pas mort. Sur ce il me dit quelques
mots, qui, bien que je ne les comprisse pas, me furent bien doux à
entendre ; car c’était le premier son de voix humaine, la mienne
exceptée, que j’eusse ouï depuis vingt-cinq ans. Mais l’heure
de m’abandonner à de pareilles réflexions n’était pas venue ;
le Sauvage abasourdi avait recouvré assez de force pour se mettre
sur son séant et je m’appercevais que le mien commençait à s’en
effrayer. Quand je vis cela je pris mon second fusil et couchai en
joue notre homme, comme si j’eusse voulu tirer sur lui. Là-dessus,
mon Sauvage, car dès lors je pouvais l’appeler ainsi, me demanda
que je lui prêtasse mon sabre qui pendait nu à mon côté ; je le
lui donnai : il ne l’eut pas plus tôt, qu’il courut à son
ennemi et d’un seul coup lui trancha la tête si adroitement qu’il
n’y a pas en Allemagne un bourreau qui l’eût fait ni plus vite
ni mieux. Je trouvai cela étrange pour un Sauvage, que je supposais
avec raison n’avoir jamais vu auparavant d’autres sabres que les
sabres de bois de sa nation. Toutefois il paraît, comme je l’appris
plus tard, que ces sabres sont si affilés, sont si pesants et d’un
bois si dur, qu’ils peuvent d’un seul coup abattre une tête ou
un bras. Après cet exploit il revint à moi, riant en signe de
triomphe, et avec une foule de gestes que je ne compris pas il déposa
à mes pieds mon sabre et la tête du Sauvage."
(D. DEFOE, Robinson Crusoe)
2. Comparez le portrait des deux Vendredi. Quelles différences remarquez-vous? (2 points)
"C’était un grand beau garçon, svelte et bien tourné, et à mon
estime d’environ vingt-six ans. Il avait un bon maintien, l’aspect
ni arrogant ni farouche et quelque chose de très-mâle dans la face
; cependant il avait aussi toute l’expression douce et molle d’un
Européen, surtout quand il souriait. Sa chevelure était longue et
noire, et non pas crépue comme de la laine. Son front était haut et
large, ses yeux vifs et pleins de feu. Son teint n’était pas noir,
mais très-basané, sans rien avoir cependant de ce ton jaunâtre,
cuivré et nauséabond des Brésiliens, des Virginiens et autres
naturels de l’Amérique ; il approchait plutôt d’une légère
couleur d’olive foncé, plus agréable en soi que facile à
décrire. Il avait le visage rond et potelé, le nez petit et non pas
aplati comme ceux des Nègres, la bouche belle, les lèvres minces,
les dents fines, bien rangées et blanches comme ivoire. – Après
avoir sommeillé plutôt que dormi environ une demiheure, il
s’éveilla et sortit de la caverne pour me rejoindre ; car j’étais
allé traire mes chèvres, parquées dans l’enclos près de là.
Quand il m’apperçut il vint à moi en courant, et se jeta à terre
avec toutes les marques possibles d’une humble reconnaissance,
qu’il manifestait par une foule de grotesques gesticulations. Puis
il posa sa tête à plat sur la terre, prit l’un de mes pieds et le
posa sur sa tête, comme il avait déjà fait ; puis il m’adressa
touts les signes imaginables d’assujettissement, de servitude et de
soumission, pour me donner à connaître combien était grand son
désir de s’attacher à moi pour la vie. Je le comprenais en
beaucoup de choses, et je lui témoignais que j’étais fort content
de lui."
(D. DEFOE, Robinson Crusoe)
3. Quels sont les arguments du Robinson de Tournier pour appeler Vendredi le rescapé? Les trouvez-vous acceptables? (3 points)
"En peu de temps je commençai à lui parler et à lui apprendre à me
parler. D’abord je lui fis savoir que son nom serait VENDREDI ;
c’était le jour où je lui avais sauvé la vie, et je l’appelai
ainsi en mémoire de ce jour. Je lui enseignai également à
m’appeler MAÎTRE, à dire OUI et NON, et je lui appris ce que ces
mots signifiaient. – Je lui donnai ensuite du lait dans un pot de
terre ; j’en bus le premier, j’y trempai mon pain et lui donnai
un gâteau pour qu’il fît de même : il s’en accommoda aussitôt
et me fit signe qu’il trouvait cela fort bon."
(D. DEFOE, Robinson Crusoe)
4. Pourquoi Vendredi trouble-t-il Robinson? Expliquez le comportement de celui-là. ( 3 points)
lundi 7 novembre 2016
LA LÉGENDE NOIRE ET LA CONTROVERSE DE VALLADOLID
Image: Fray Bartolomé de las Casas
Questions:
1. Comparez le point de vue de Robinson avec celui de Montaigne. Êtes-vous d'accord avec son raisonement pour ne pas attaquer les cannibales?
2. Que savez-vous de la légende noire?
TEXTE 1:
"Aussi long-temps que je fis ma tournée journalière à la colline
mon dessein subsista dans toute sa vigueur, et mon esprit me parut
toujours être en disposition convenable pour exécuter l’outrageux
massacre d’une trentaine de Sauvages sans défense, et cela pour un
crime dont la discussion ne m’était pas même entrée dans
l’esprit, ma colère s’étant tout d’abord enflammée par
l’horreur que j’avais conçue de la monstrueuse coutume du peuple
de cette contrée, à qui, ce semble, la Providence avait permis, en
sa sage disposition du monde, de n’avoir d’autre guide que leurs
propres passions perverses et abominables, et qui par conséquent
étaient livrés peut-être depuis plusieurs siècles à cette
horrible coutume, qu’ils recevaient par tradition, et où rien ne
pouvait les porter, qu’une nature entièrement abandonnée du Ciel
et entraînée par une infernale dépravation. – Mais lorsque je
commençai à me lasser, comme je l’ai dit, de cette infructueuse
excursion que je faisais chaque matin si loin et depuis si
long-temps, mon opinion elle-même commença aussi à changer, et je
considérai avec plus de calme et de sangfroid la mêlée où
j’allais m’engager. Quelle autorité, quelle mission avais-je
pour me prétendre juge et bourreau de ces hommes criminels lorsque
Dieu avait décrété convenable de les laisser impunis durant
plusieurs siècles, pour qu’ils fussent en quelque sorte les
exécuteurs réciproques de ses jugements ? Ces peuples étaient loin
de m’avoir offensé, de quel droit m’immiscer à la querelle de
sang qu’ils vidaient entre eux ? – Fort souvent s’élevait en
moi ce débat : Comment puis-je savoir ce que Dieu lui-même juge en
ce cas tout particulier ? Il est certain que ces peuples ne
considèrent pas ceci comme un crime ; ce n’est point réprouvé
par leur conscience, leurs lumières ne le leur reprochent point. Ils
ignorent que c’est mal, et ne le commettent point pour braver la
justice divine, comme nous faisons dans presque touts les péchés
dont nous nous rendons coupables. Ils ne pensent pas plus que ce soit
un crime de tuer un prisonnier de guerre que nous de tuer un bœuf,
et de manger de la chair humaine que nous de manger du mouton.
De ces réflexions il s’ensuivit nécessairement que j’étais
injuste, et que ces peuples n’étaient pas plus des meurtriers dans
le sens que je les avais d’abord condamnés en mon esprit, que ces
Chrétiens qui souvent mettent à mort les prisonniers faits dans le
combat, ou qui plus souvent encore passent sans quartier des armées
entières au fil de l’épée, quoiqu’elles aient mis bas les
armes et se soient soumises.
Tout brutal et inhumain que pouvait être l’usage de
s’entredévorer, il me vint ensuite à l’esprit que cela
réellement ne me regardait en rien : ces peuples ne m’avaient
point offensé ; s’ils attentaient à ma vie ou si je voyais que
pour ma propre conservation il me fallût tomber sur eux, il n’y
aurait rien à redire à cela ; mais étant hors de leur pouvoir,
mais ces gens n’ayant aucune connaissance de moi, et par conséquent
aucun projet sur moi, il n’était pas juste de les assaillir :
c’eût été justifier la conduite des Espagnols et toutes les
atrocités qu’ils pratiquèrent en Amérique, où ils ont détruit
des millions de ces peuples, qui, bien qu’ils fussent idolâtres et
barbares., et qu’ils observassent quelques rites sanglants, tels
que de faire des sacrifices humains, n’étaient pas moins de fort
innocentes gens par rapport aux Espagnols. Aussi, aujourd’hui, les
Espagnols eux-mêmes et toutes les autres nations chrétiennes de
l’Europe parlent-ils de cette extermination avec la plus profonde
horreur et la plus profonde exécration, et comme d’une boucherie
et d’une œuvre monstrueuse de cruauté et de sang, injustifiable
devant Dieu et devant les hommes ! Par là le nom d’ESPAGNOL est
devenu odieux et terrible pour toute âme pleine d’humanité ou de
compassion chrétienne ; comme si l’Espagne était seule vouée à
la production d’une race d’hommes sans entrailles pour les
malheureux, et sans principes de cette tolérance marque avérée des
cœurs magnanimes."
(D. DEFOE, Robinson Crusoe)
TEXTE 2:
La controverse de Valladolid est un débat qui opposa essentiellement le dominicain Bartolomé de Las Casas et le théologien Juan Ginés de Sepúlvedaen deux séances d'un mois chacune (l'une en 1550 et l'autre en 1551) au collège San Gregorio de Valladolid, mais principalement par échanges épistolaires. Ce débat réunissait théologiens, juristes et administrateurs du royaume, afin que, selon le souhait de Charles Quint, il se traite et parle de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu'elles se fassent avec justice et en sécurité de conscience 1.
La question était de savoir si les Espagnols pouvaient coloniser le Nouveau Monde et dominer les indigènes, les Amérindiens, par droit de conquête, avec la justification morale pouvant permettre de mettre fin à des modes de vie observés dans les civilisations précolombiennes, notamment la pratique institutionnelle du sacrifice humain, ou si les sociétés amérindiennes étaient légitimes malgré de tels éléments et que seul le bon exemple devait être promu via une colonisation - émigration.
Ce débat eut lieu sous le pontificat du pape Jules III.
C'est aussi un débat politique et religieux organisé en 1550 par Charles Quint qui fit cesser temporairement la colonisation de l'Amérique par la monarchie espagnole. Il avait pour but de définir officiellement la légitimité ou l'illégitimité de l'esclavage des peuples amérindiens.
Lors de ce procès, on officialise que les Amérindiens ont un statut égal à celui des Blancs. Cette décision ne s'appliquait pas aux Noirs d'Afrique dont l'esclavage n'était pas contesté : c'est d'ailleurs en raison de la controverse de Valladolid que les Européens vont pratiquer la traite des noirs pour alimenter le Nouveau-Monde en esclaves.
Sur le plan humain[modifier | modifier le code]
Le débat intellectuel issu de la controverse de Valladolid a inspiré les Nuevas Leyes de América, compilation de plus de 6 000 lois en neuf livres. Le souci sincère de Bartolomé de las Casas d'épargner les Indiens les a préservés (par rapport à l'Amérique du Nord anglo-saxonne, notamment) mais paradoxalement, il est à l'origine, non de la naissance mais de la généralisation, de la Traite des Noirs vers l'Amérique : empêchés d'employer les Indiens comme travailleurs forcés, les Espagnols cherchent des esclaves et nouent des contacts avec des négriers africains, portugais, génois, français… qui leur vendent sur plusieurs siècles des millions d'esclaves.
À l'aube du xixe siècle, Henri Grégoire conteste catégoriquement cette implication de Las Casas dans la généralisation de la traite des Noirs. Selon lui, l'accusation menée contre Las Casas est une calomnie montée de toutes pièces à partir des écrits d'Antonio de Herrera y Tordesillas5.
Grégoire soutient que l'accusation ne repose pas sur des sources concrètes ou vérifiables. Il y démontre également que Las Casas n'est pas soucieux de la seule situation aux Amériques, mais s'oppose, de manière globale, à toute forme d'impérialisme.
La publication posthume de Historia de las Indias, en 1875 (soit plus de trois siècles après la mort de Las Casas), lui donne raison. Dans le tome III, Las Casas se repent d'avoir accepté dans ses jeunes années, pour alléger le travail des Indiens, que les colons soient autorisés à faire entrer leurs esclaves noirs dans leurs encomiendas américaines (cette pratique existait cependant avant cet accord, Las Casas n'en est aucunement l'initiateur). À la suite de cet aveu, il condamne également cet esclavage, qu'il juge aussi injuste et inhumain que celui des Indiens. Herrera omet toutefois de mentionner ce repentir et donne ainsi lieu à un contresens que l'historiographie n'a cessé de répéter jusqu'à nos jours.
Sur le plan intellectuel[modifier | modifier le code]
Las Casas publiera en 1552 sa Brevísima relación de la destrucción de las Indias (« Très brève relation de la destruction des Indes ») dans laquelle il décrit les exactions des conquistadors6. Ce livre, abondamment publié et commenté aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne est à l'origine de la Légende Noire de la colonisation espagnole et servira d'argument moral à ces puissances pour lutter contre l'Espagne, chercher à prendre sa place en Amérique et détourner l'attention des crimes et génocides de leur propre colonisation.
Dans les pays protestants, cet ouvrage servira d'argument pour présenter l'Espagne, pays catholique et monarchique, comme rétrograde et obscurantiste.
Dans les faits l'argument ne tient pas : le pouvoir monarchique espagnol, et l'église catholique romaine ont constamment édicté des lois cherchant à protéger les indiens et à garantir leur liberté (la tenue de la controverse de Valladolid, à la demande de Charles Quint et des autorités ecclésiastiques, en est un bon exemple). Au contraire, les responsables politiques et du Congrès nord-américains ont ouvertement provoqué et organisé la spoliation et l'élimination des populations indiennes dont ils convoitaient les territoires (extermination planifiée des bisons, Indian Removal Act de 1830, déportation massive et parcage dans des « réserves »).
L'historiographie récente attribue également la brutale chute démographique de la population amérindienne davantage au choc bactériologique de l'échange colombien qu'aux violences perpétrées par les Espagnols durant la conquête et la colonisation de l'Amérique, et conteste la nature génocidaire des homicides et des mauvais traitements commis pendant l'empire espagnol
(source: Wikipedia)
DOCUMENT 3: (10 points)
1. Quelle fut la cause du rencontre? Pouquoi ces hommes ont-ils tenu un tel débat sur la nature humaine ou autre des Indiens? Utilisez le texte en photocopie de Claude Levi-Strauss.
2. Énumerez les arguments de Bartolomé de las Casas contre l'esclavage des Indiens.
3. Énumerez les arguments du maître Sepulveda en faveur de la situation d'exploitation des Indiens.
4. Résumez les conclusions des deux orateurs.
5. Quelle est la conclusion à laquelle on parvient?
4. Résumez les conclusions des deux orateurs.
5. Quelle est la conclusion à laquelle on parvient?
jeudi 3 novembre 2016
CHAPITRE SIX: LE SEXE ET LA MORT
Questions de compréhension (pour mardi 8 novembre):
1. Au 5e et 6e paragraphes on parle de deux hommes, décrivez-les. (2 points)
2. Immédiatement, Robinson retrouve l'autre île. Comment est-elle? (2 points)
3. Pourquoi Robinson identifie-t-il Speranza aux limbes? (2 points)
4. Quelle est la relation existant, d'après Robinson, entre le sexe et la mort? Expliquez. (3 points)
5. Quel est le produit de l'union sexuelle entre Robinson et l'île? (1 point)
Pour apprendre plus sur la mandragore, cliquer ici.
Source des images: www.histoiredelafolie.fr
jeudi 27 octobre 2016
lundi 24 octobre 2016
LA PÉRIODE TELLURIQUE (ch. 5)
"Revenu alors de mon trouble, je commençai à regarder autour de moi et je trouvai cette caverne fort petite : elle pouvait avoir environ douze pieds ; mais elle était sans figure régulière, ni ronde ni carrée, car la main de la nature y avait seule travaillé. Je remarquai aussi sur le côté le plus profond une ouverture qui s’enfonçait plus avant, mais si basse, que je fus obligé de me traîner sur les mains et sur les genoux pour y passer. Où aboutissait-elle, je l’ignorais. N’ayant point de flambeau, je remis la partie à une autre fois, et je résolus de revenir le lendemain pourvu de chandelles, et d’un briquet que j’avais fait avec une batterie de mousquet dans le bassinet de laquelle je mettais une pièce d’artifice.
En conséquence, le jour suivant je revins muni de six grosses chandelles de ma façon, – car alors je m’en fabriquais de très-bonnes avec du suif de chèvre ; – j’allai à l’ouverture étroite, et je fus obligé de ramper à quatre pieds, comme je l’ai dit, à peu près l’espace de dix verges : ce qui, je pense, était une tentative assez téméraire, puisque je ne savais pas jusqu’où ce souterrain pouvait aller, ni ce qu’il y avait au bout. Quand j’eus passé ce défilé je me trouvai sous une voûte d’environ vingt pieds de hauteur. Je puis affirmer que dans toute l’île il n’y avait pas un spectacle plus magnifique à voir que les parois et le berceau de cette voûte ou de cette caverne. Ils réfléchissaient mes deux chandelles de cent mille manières. Qu’y avait-il dans le roc ? Étaient-ce des diamants ou d’autres pierreries, ou de l’or, – ce que je suppose plus volontiers ? – je l’ignorais.
Bien que tout-à-fait sombre, c’était la plus délicieuse grotte qu’on puisse se figurer. L’aire en était unie et sèche et couverte d’une sorte de gravier fin et mouvant. On n’y voyait point d’animaux immondes, et il n’y avait ni eau ni humidité sur les parois de la voûte. La seule difficulté, c’était l’entrée ; difficulté que toutefois je considérais comme un avantage, puisqu’elle en faisait une place forte, un abri sûr dont j’avais besoin. Je fus vraiment ravi de ma découverte, et je résolus de transporter sans délai dans cette retraite tout ce dont la conservation m’importait le plus, surtout ma poudre et toutes mes armes de réserve, c’est-à-dire deux de mes trois fusils de chasse et trois de mes mousquets : j’en avais huit. À mon château je n’en laissai donc que cinq, qui sur ma redoute extérieure demeuraient toujours braqués comme des pièces de canon, et que je pouvais également prendre en cas d’expédition."
(D. DEFOE, Robinson Crusoe)
Questions de compréhension: (pour mercredi 2 novembre)
1. Expliquez l'origine de la dite "période tellurique" et ce qui va se passer dans la grotte (2 points)
2. Pourquoi Robinson identifie-t-il l'île à sa mêre? (2 p.)
3. Par quelles phrases se manifeste-on que Robison est un produit de l'île? (à deux reprises) Copiez-les. (2 p.)
4. Pourquoi Robinson renonce-t-il à la grotte? (2 p.)
5. Quels sont les deux sens opposés dans lequels se poursuit l'oeuvre de Robinson? (2 p.)
Source des images: Wikipedia
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